10 novembre 2010 – QuĂ©becÂ
Notes pour une allocution Ă la JournĂ©e de l’informatique du QuĂ©bec 2010.
Geneviève Rossier, Directrice générale, Internet et Services numériques, Radio-Canada. La version prononcée fait foi
Comme les organisateurs en avaient Ă©tĂ© avertis il y a plusieurs semaines, M. Lafrance est retenu Ă MontrĂ©al aujourd’hui. C’est donc Ă moi que revient l’honneur de le remplacer et d’être ici pour cette JournĂ©e de l’informatique du QuĂ©bec. Au nom de Radio-Canada et de Sylvain Lafrance, j’aimerais vous remercier pour cette invitation.
Comme Patrick Masbourian vous l’a mentionné dans sa présentation, je m’appelle Geneviève Rossier et je suis directrice générale, Internet et Services numériques, à Radio-Canada.
En préparant cette conférence, nous avons réalisé que la dernière présence de Sylvain Lafrance à Québec pour livrer une allocution remontait à novembre 2007, lorsqu’il a annoncé que Radio-Canada devenait grand partenaire média pour le 400e de la Ville de Québec.
Comme diffuseur public et plus grand média francophone du Canada, c’était là l’occasion de célébrer un anniversaire important et de faire rayonner notre patrimoine, notre culture et nos réalisations partout au pays.
Si l’on considère les succès et les retombées du 400e, Radio-Canada est très fière d’avoir fait partie de cette grande célébration. Aujourd’hui, on se retrouve à Québec, une ville dynamique et tournée vers l’avenir, pour vous parler de technologie, plus précisément de la façon dont nous, à Radio-Canada, envisageons notre déploiement dans l’univers numérique.
À première vue, les liens entre le 400e et la Journée de l’informatique du Québec ne sautent pas aux yeux. Pourtant, ce lien existe, du moins du point de vue du diffuseur public!
Parce qu’à Radio-Canada, que ce soit dans le cadre d’un partenariat d’envergure comme celui du 400e ou dans un processus de réflexion sur la façon dont nous allons nous déployer sur les plateformes numériques, nous sommes absolument obsédés par les questions de culture, de démocratie et de francophonie.
Ce midi, je partagerai donc avec vous quelques réflexions sur les enjeux et les mouvements de société que nous surveillons à Radio-Canada et qui motivent nos choix stratégiques, particulièrement quand on pense aux nouvelles technologies de communications.
Ensuite, je vous parlerai de nos réalisations, des défis qui nous attendent pour les prochaines années et je vous dirai comment, à Radio-Canada, nous nous préparons pour être en mesure d’y faire face afin d’être un diffuseur public qui sera encore pertinent dans les dix ou quinze prochaines années.
À la fin de mon intervention, j’espère que vous partagerez mon point de vue selon lequel derrière les enjeux technologiques et économiques – dont je ne voudrais surtout pas sous-estimer l’importance –, se cachent presque systématiquement des enjeux de démocratie et de culture, d’identité et de cohésion sociale.
Enjeux DE démocratie et DE culture
Alors, quand on regarde comment évoluent notre société et plus précisément l’environnement des médias, quels sont les principaux enjeux qui retiennent notre attention et que nous observons attentivement à Radio-Canada? Pour simplifier les choses, nous en avons retenu six.
1er enjeu : l’hyper-fragmentation :
Dans votre salon ce soir, la plupart d’entre vous auront accès simultanément à des milliers de sites web, à des centaines de chaînes de télévision et à des dizaines de stations de radio par satellite. Si vous êtes bien organisés, tout cela est accessible sans même que vous ayez à vous lever de votre sofa.
Si vous me demandez sur combien de plateformes dans le monde les services de Radio-Canada sont diffusés, je vous dirais plusieurs centaines. Nous exploitons maintenant plus d’une quinzaine de services, allant de la webradio aux applications iPhone, en passant par la radio par satellite, la webtélé et les chaînes spécialisées, en plus de nos réseaux traditionnels de radio et de télévision, et de nos 21 stations régionales. C’est dire à quel point on évolue dans un univers où les auditoires sont de plus en plus sollicités par des offres presque infinies, et donc forcément de plus en plus fragmentées.
C’est vrai que les nouvelles technologies, les applications mobiles par exemple, offrent des possibilités hallucinantes pour joindre les gens, où qu’ils soient, et pour parler à des auditoires tout nouveaux. Mais ces mêmes technologies, si elles ne sont pas bien analysées et si elles ne sont pas traitées avec stratégie, viennent aussi potentiellement accentuer la fragmentation médiatique.
Si on combine cette fragmentation à une autre tendance très forte dans le monde des médias, celle de la personnalisation, on assiste à un phénomène sans précédent dans nos sociétés. Un passionné du golf peut maintenant décider de moduler complètement son environnement média en fonction de sa passion : sa page web, ses comptes Twitter, sa chaîne de télévision, ses magazines, ses applications iPhone, sa page Facebook…
L’hyper-spĂ©cialisation amène certains Ă craindre la balkanisation de nos sociĂ©tĂ©s. Et c’est lĂ qu’une institution comme Radio-Canada reste ou devient mĂŞme encore plus pertinente qu’elle ne l’était Ă l’époque oĂą la tĂ©lĂ©vision Ă©tait toujours allumĂ©e au poste no 1 ou no 2. Parce que, qui sera capable au XXIe siècle de crĂ©er de grands moments de rassemblement? Â
La bonne nouvelle, c’est que les télévisions généralistes et les grandes radios généralistes demeurent rassembleuses et jouent un rôle social incontournable. En fait, la télé aujourd’hui n’a jamais été autant regardée, ce qui a changé, c’est l’écran sur lequel on la regarde.
Moi je suis une passionnée de nouvelles technologies et j’y travaille à temps plein depuis cinq ans. J’aime les sites web, j’aime Twitter, et tout ça. Et pourtant, je suis profondément convaincue qu’au fond les gens, et les Québécois particulièrement, malgré les intérêts très pointus qu’ils peuvent entretenir, conservent une très forte envie de se rassembler, de partager, de créer ensemble une sorte de vécu collectif, qui nous fait appartenir à quelque chose de plus large que nos intérêts individuels. Radio-Canada veut continuer à contribuer à ces grands moments de rassemblement.
2e enjeu : la perte d’une forme de médiation journalistique
Les sources d’information se multiplient, pas toutes aussi crédibles les unes que les autres. En même temps, affichez quelque chose de faux ou d’inexact sur un site web reconnu, ou faites une faute d’orthographe sur Radio-Canada.ca, par exemple, et dans les minutes qui suivent quelqu’un va vous corriger. Eh oui, c’est une ex-journaliste qui vous le dit, la quête de vérité n’appartient plus seulement aux journalistes!!
Est-ce bien? Est-ce mal? Tout dépend de la manière dont les organismes de presse comme Radio-Canada réussissent à comprendre et à manœuvrer dans ce nouvel univers. Ce qu’on veut, c’est qu’ils continuent à jouer leur rôle dans le maintien des valeurs démocratiques dans notre société, même si ce rôle évolue, se transforme et devient de plus en plus exigeant.
On observe aussi un phénomène d’automatisation de l’information, qui a largement été débattu dans la communauté journalistique. La nouvelle est devenue tellement une commodité qu’on oublie parfois l’importance de la qualité du regard journalistique. Qu’est-ce qui est important et pourquoi? Quel est le contexte? Qu’est-ce que cette nouvelle signifie vraiment? Comment faire le tri sur Twitter et Facebook entre l’anecdotique sans importance et l’anecdotique qui signifie quelque chose?
Encore là , la technologie offre des possibilités incroyables aux journalistes. On parle partout ces temps-ci d’une tendance nouvelle en journalisme, ce qu’on appelle en anglais le « data journalism », qui consiste à interroger simultanément des centaines de banques de données, autrement dit d’aller puiser en profondeur dans l’intelligence collective pour trouver des liens, établir des relations, bref mieux comprendre le monde grâce à des techniques toutes nouvelles.
Au fond, tout est une question d’équilibre. Pour les journalistes, évidemment, mais surtout pour les organismes de presse comme Radio-Canada. Il faut savoir profiter pleinement de toutes les possibilités offertes par la technologie – et, croyez-moi, elles sont nombreuses et nous continuons de les développer! –sans oublier l’importance du regard éditorial d’un journaliste ou d’un rédacteur en chef. Il ne faut surtout pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
3e enjeu : le modèle économique
Dans l’univers numérique en particulier, la question de la gratuité demeure omniprésente quand on pense aux nouveaux modèles économiques. Il ne se passe pas une seule journée sans que quelqu’un remette en question la gratuité des contenus et, je dirais, avec raison. Parce que, au fond, tout le monde sait qu’aucun contenu n’est complètement gratuit.
Évidemment, si on se place du côté des consommateurs, il est clair qu’une grande majorité d’entre eux ne sont pas prêts à payer, sauf dans un contexte très précis. Je peux vous parler du point de vue d’un producteur et d’un diffuseur de contenu. Il me semble de plus en plus improbable que la gratuité demeure le seul modèle disponible. Rupert Murdoch n’est d’ailleurs pas le seul à tenir ce discours!
Cela dit, même si on décidait du jour au lendemain que tout devenait payant – ce qui serait probablement suicidaire – cela ne résoudrait pas tous les problèmes liés au modèle économique des médias.  Si le modèle économique continue de se détériorer, cela continuera à fragiliser les médias traditionnels qui sont pourtant les moteurs de l’ensemble du système médiatique actuel. Ce sont eux qui produisent les grandes émissions dramatiques, font vivre les grandes salles de nouvelles, diffusent les émissions d’affaires publiques, produisent les grandes émissions de variétés et exploitent les stations régionales…
Encore une fois, tout est une question d’équilibre!!
4e enjeu : l’identité culturelle
La fragilisation des médias traditionnels causée par l’hyper-fragmentation et l’effritement du modèle économique pourrait, si on ne fait rien, affaiblir notre identité culturelle et notre capacité de discuter des grands enjeux démocratiques.
Dans un univers numérique où la quantité de contenu disponible ne cesse d’augmenter de façon exponentielle, l’enjeu du contenu canadien est fondamental. Il faut s’assurer que les Canadiens francophones restent à l’écoute des émissions canadiennes et du contenu canadien. C’est extrêmement important parce qu’ils se reconnaissent dans nos histoires, dans notre façon de voir le monde et dans notre vision de la démocratie.
C’est aussi important dans le contexte francophone parce que si les francophones de ce pays ne peuvent pas comprendre le monde en français, ils vont devoir le comprendre en anglais. Cela ne serait pas une bonne nouvelle pour nous. Il faut donc que l’on maintienne notre capacité d’interpréter le monde en français, mais il faut expliquer le monde avec nos valeurs si on veut être capable d’agir un jour là -dessus.
Enfin, je dirais que nous avons une responsabilité particulière envers la grande francophonie internationale pour s’assurer qu’il existera encore, dans les prochaines années, un espace francophone dans l’univers numérique.
5e enjeu : la marque
Évidemment, étant donné les enjeux dont je viens de parler, c.-à -d. la fragmentation, la perte d’une forme de médiation journalistique, l’effritement du modèle économique et la question de l’identité culturelle, l’enjeu de la marque devient fondamental dans l’univers numérique.
Quand on parle de contenu, les gens se tournent de plus en plus vers des marques qu’ils connaissent et reconnaissent, des marques qui sont porteuses de valeurs de qualité et de crédibilité. Pour les médias, il est donc crucial que, peu importe la plateforme sur laquelle ils proposent leur contenu, les citoyens puissent rapidement reconnaître leur marque.
6e enjeu : considérations éthiques
Le dernier enjeu qui me paraît fondamental quand on considère l’univers numérique est intimement lié à des considérations que je qualifierais d’éthiques.
D’abord, il y a cette frontière de plus en plus ténue entre vie publique et vie privée que l’on observe particulièrement dans les médias sociaux. Sur un compte Twitter ou une page Facebook, si on raconte son quotidien, ses points de vue sur l’actualité, c’est comme si on les racontait au grand public. Facebook a eu des problèmes avec ce phénomène récemment : on a affiché la vidéo d’un viol collectif ou, plus récemment, des gens ont cru bon de simuler une alerte AMBER. Il est à prévoir qu’il y aura d’autres problèmes de ce genre. Certains réseaux de géolocalisation comme Foursquare posent d’autres problèmes, celui par exemple d’annoncer à beaucoup de gens que vous êtes en vacances en Mongolie et que votre maison à Montréal est restée vide…! Bref, il faut faire attention.
D’ailleurs, à l’instar d’autres médias comme La Presse ou même la BBC, on s’est assuré d’encadrer nos actions et notre présence sur les médias sociaux dans un objectif de cohérence de la marque.
Aussi, avant de se lancer à plein régime dans les nouvelles technologies, il faut considérer toutes les ramifications possibles qu’elles pourraient avoir, non seulement sur des questions de vie privée ou de conflits d’intérêts, mais aussi sur le respect du droit d’auteur et autres considérations éthiques du même acabit. Il faut être très conscient de nos responsabilités dans ce domaine sinon nous perdrons rapidement la confiance des gens.
Stratégie de Radio-Canada
Comment Radio-Canada réagit-elle face à ces défis? D’abord, je peux vous dire que Radio-Canada s’est grandement transformée depuis 2005, avec l’intégration de la radio, de la télévision, d’Internet et des services mobiles.
Cette stratégie d’intégration des Services français se voulait en quelque sorte la réponse du service public au mouvement de convergence que l’on observait dans la concurrence à cette époque. Le virage numérique et le virage « média global » qu’a pris Radio-Canada à ce moment ont eu un impact majeur sur la façon dont nous faisons les choses. Nous avons changé fondamentalement l’entreprise dans laquelle nous sommes et cela a donné des résultats concluants.
En devenant plus agiles, nous avons aussi pu faire de grandes avancées et réaffirmer clairement notre leadership dans l’univers numérique. En ce moment, l’agilité est justement la qualité qu’on recherche le plus si on dirige une entreprise de médias numériques.
Les questions que l’on se pose dans la préparation de notre nouveau plan stratégique pour les trois prochaines années sont complexes, inattendues et se succèdent de plus en plus vite. À quel rythme les Canadiens adopteront-ils massivement les téléphones intelligents? Est-ce que les réseaux sociaux vont devenir des plateformes plus matures et quand? Est-ce que les tablettes vont s’installer pour de bon? À quand les identités numériques généralisées? (chacun avec son QRCODE) Comment s’inscrire dans les télés connectées? Et ainsi de suite…
Je n’ai évidemment pas besoin de vous dire à quel point l’environnement des médias a évolué au cours des dernières années et à quelle vitesse ces changements se sont installés. Juste pour vous donner une idée, si on se place sur un horizon de 20 ans environ et que l’on regarde ce que nous avons lancé à Radio-Canada depuis 1990, cela ressemble à ceci.
Entre 1990 et l’an 2000, nous avons lancé RDI, ARTV et le site Radio-Canada.ca. Par contre, si on regarde tout ce que nous avons créé et lancé dans les deux dernières années, on comprend tout de suite l’ampleur du virage numérique dans lequel Radio-Canada s’est engagée, mais on voit aussi toute l’importance accordée par le diffuseur public au développement de ses plateformes numériques.
Par exemple, nous avons lancé :
- Trois nouvelles webradios musicales, Espace classique, Espace jazz et Espace monde.
- Plusieurs applications mobiles dont la plus récente, l’application iPhone de RDI.
- Nous sommes présents partout dans la sphère des médias sociaux. D’ailleurs, certains de nos canaux Twitter se classent régulièrement dans le top 10 des Twitter québécois.
- Notre site web Radio-Canada.ca demeure le site média francophone le plus élaboré du pays.
- Et, évidemment TOU.TV, en janvier, la toute nouvelle webtélé lancée par Radio-Canada avec ses partenaires du service public et de la production indépendante.
- Étant donné la popularité de TOU.TV et l’enthousiasme que son lancement a suscité, tant dans l’industrie que dans la population en général, je pense que nous avons visé dans le mille.
- Quelques chiffres : depuis son lancement en janvier, TOU.TV compte plus de 20 millions de branchements vidéo! Sur Facebook, la page de TOU.TV compte plus de 70 000 fans, ce qui est énorme!
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Maintenant, quand on regarde un peu ce qui nous attend à Radio-Canada au cours des prochaines années, je dirais qu’il y a trois grands défis que nous devrons relever.
Le premier défi, qui touche d’ailleurs l’ensemble du monde des médias et que j’évoquais en vous parlant des enjeux que nous surveillons, c’est celui du modèle économique ou modèle d’affaires.
On doit se demander constamment comment faire évoluer notre modèle d’affaires dans l’environnement actuel surtout que 40 % du budget de Radio-Canada vient de revenus autogénérés. Même si une grande partie de ces revenus vient encore de la publicité que nous vendons à la télévision et sur nos sites web, on observe une baisse constante des investissements publicitaires à la télévision généraliste depuis plusieurs années, ce qui nous a amenés à réfléchir sur l’avenir d’un modèle d’affaires qui dépendrait trop de la publicité.
C’est pourquoi nous avons mis en place l’an dernier une nouvelle stratégie qui nous permettra de diversifier nos revenus autogénérés. Notre objectif est d’arriver à construire un modèle économique qui serait un tant soit peu durable pour Radio-Canada.
Le deuxième défi, le cœur du réacteur en quelque sorte, est bien sûr celui de la programmation.
Pour ce qui est des programmes, ce qui est de plus en plus clair pour nous, c’est qu’il faut proposer des médias qui seront de plus en plus distinctifs. Cela veut dire que, peu importe la plateforme que vous choisissez pour regarder ou écouter un contenu de Radio-Canada, vous devez pouvoir reconnaître l’esprit du service public. Je pense qu’en regardant les grilles que nous avons lancées en septembre dernier, vous serez aussi convaincus que moi que Radio-Canada propose déjà du distinctif.
On devra aussi accompagner les Canadiens dans l’ère numérique. On n’est pas là que pour faire de la radio et de la télévision, mais aussi pour produire des contenus, de l’identité culturelle, de la cohésion sociale et de la démocratie, et on doit le faire sur toutes les plateformes qui intéressent les Canadiens.
Là -dessus, nous avons eu une belle réussite avec le lancement de TOU.TV et nous en sommes très fiers. Jusqu’à maintenant, TOU.TV est une belle et grande aventure pour nous, puisque nous avons largement dépassé tous nos objectifs de départ. C’est aussi une réussite de planification d’affaires parce que nous avons créé une marque qui s’est imposée rapidement. En un mois, les gens connaissaient TOU.TV. Ils ont rapidement compris ce que cela vous dire et ce qu’ils retrouveraient sur TOU.TV. D’ailleurs cette année, nous allons passer à la mobilité et continuer de développer les nouvelles plateformes pour amener le Canada encore plus loin dans l’ère numérique.
Le troisième défi, dont je vous parlais également il y a quelques minutes, c’est la marque, qui occupe une place importante dans notre stratégie.
La marque Radio-Canada doit continuer d’être forte et distinctive, surtout dans un environnement où il y a de plus en plus de médias et de plus en plus de plateformes. Parce que, plus il y a de médias, plus il y a de fragmentation, plus il y a de sites web pour diffuser des contenus, plus il y a de chaînes spécialisées, plus il devient primordial d’avoir une marque forte qui véhicule les valeurs de qualité et de crédibilité du service public.
Gérer la cohérence de la marque n’est pas quelque chose de simple dans une grande organisation comme la nôtre parce que l’on produit chaque jour des centaines, voire des milliers d’heures de radio et de télévision, des pages web, des radios et des télévisions régionales, des chaînes spécialisées, etc.
Notre travail porte ses fruits puisque, depuis cinq ans, notre marque progresse de façon très intéressante à travers différentes études qui sont menées partout dans l’industrie. Nous avons créé une marque forte, capable d’agir sur l’ensemble du territoire canadien.
ConclusionÂ
On dit souvent, quand on parle de notre mission, que Radio-Canada doit contribuer à la vie démocratique et culturelle des Canadiens. Qu’est-ce que cela veut dire?
D’abord, Radio-Canada contribue à la vie démocratique en diffusant des émissions et des contenus d’information qui permettent de comprendre les grands enjeux de notre époque, ce qui est extrêmement important dans notre société. On le fait à nos antennes, évidemment, mais aussi sur Radio-Canada.ca et maintenant sur le iPhone avec la nouvelle application RDI, par exemple.
Aussi, Radio-Canada contribue à la vie culturelle par la création de grandes dramatiques, d’émissions de variétés, de magazines culturels, de webséries originales, etc., qui permettent de voir et d’entendre des histoires qui nous ressemblent, racontées par nos artistes et qui reflètent nos valeurs, et d’y contribuer.
Radio-Canada contribue enfin à la vie démocratique et culturelle des Canadiens en participant à la création d’un espace francophone, notamment avec la plus importante webtélé francophone, TOU.TV, qui rassemble producteurs et diffuseurs publics de la grande francophonie canadienne et internationale.
Pour y arriver, il faut tenir compte de tous les changements qui sont survenus ces dernières années dans notre société. Parce que la façon dont se vivent la démocratie et la culture aujourd’hui est radicalement différente d’il y a une vingtaine d’année, notamment grâce aux possibilités offertes par la technologie.
Aujourd’hui, la mobilisation politique, par exemple, se fait par Twitter et Facebook beaucoup plus rapidement et sur une échelle beaucoup plus grande (internationale). Aux élections américaines de mi-mandat, il y a deux semaines, certains analystes ont avancé que plusieurs des candidats élus étaient ceux qui avaient le plus grand nombre de fans Facebook et d’abonnés Twitter! Dans ce contexte, quels outils donne-t-on aux citoyens pour mieux vivre cette démocratie?
Même chose en culture. Face à une culture qui a complètement changé, avec un nombre grandissant de plateformes médias toutes plus spécialisées et plus personnalisées les unes que les autres, on a plus que jamais besoin d’outils de communication puissants qui nous permettent d’échanger, de créer une identité culturelle et, au fond, de créer une conversation entre les citoyens au sein de notre société afin de favoriser une meilleure cohésion sociale.
À Radio-Canada, c’est notre métier, face à ces changements, de créer une conversation, une identité culturelle… Nous le faisons et nous continuerons de le faire en maintenant une radio et une télévision capables de rassembler les Canadiens, mais aussi en développant de nouvelles plateformes comme TOU.TV, qui répondent aux attentes des citoyens dans un univers numérique en évolution constante.
En terminant, j’aimerais vous laisser sur une réflexion qui nous touche tous, nous, à Radio-Canada, et vous, qui travaillez au gouvernement ou au sein d’entreprises privées.
Quel que soit le rôle que l’on occupe dans l’univers numérique, nous avons tous une responsabilité au sein de notre société pour nous assurer que la technologie demeure au service des citoyens, et non le contraire.
Et pour citer Sylvain Lafrance : « Il ne faut jamais oublier que derrière les enjeux économiques et technologiques, il y a des hommes et des femmes, des cultures et des sociétés qui ont besoin de se parler et d’échanger pour mieux se comprendre. »
Merci.
