Des nouvelles de Radio-Canada

Allocutions

La télévision publique en 2010

2 juin 2009 - Montréal

Discours de Sylvain Lafrance, Vice-président principal de Radio-Canada, et de Richard Stursberg, Vice-président principal de CBC, devant l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision à Montréal.

Sylvain Lafrance :

Merci de nous donner l’occasion de comparer les modèles francophone et anglophone de télévision.

Je travaille avec Richard depuis quatre ou cinq ans.  On a vraiment fait plusieurs expériences intéressantes de productions en commun. Puis on essaie tous les deux de comprendre un peu mieux le marché.  Je vous dirais qu’au niveau de la stratégie, on est arrivé à comprendre pourquoi on est différent d’une part, et j’espère qu’on va vous le passer un peu.  Je pense que la conclusion de notre conférence, c’est qu’on agit dans des environnements qui sont vraiment différents, ce qui commande des stratégies qui sont vraiment différentes,  mais les solutions que je qualifierais de structurelles aux problèmes de l’industrie sont souvent les mêmes.

D’abord, le modèle québécois. Dix minutes pour vous convaincre que c’est un bon modèle, et je dis québécois, en toute connaissance de cause. C’est vrai qu’à Radio-Canada, on diffuse sur l’ensemble du pays, mais quand on parle du modèle et qu’on veut des bases comparables, on parle beaucoup du modèle québécois, qui est un succès reconnu. Je pense que notre télévision est un succès reconnu partout. La qualité de notre télé et surtout la force de rétention de notre télé dans l’auditoire, c’est absolument extraordinaire. C’est un modèle qu’on nous envie. Je pense que Richard doit parfois nous l’envier. Il vous expliquera pourquoi. 

Et pourquoi avons-nous ce modèle-là? Il y a plusieurs raisons.  Sûrement, il y a d’abord le public qui est extrêmement fidèle à nos émissions. On doit l’en remercier, parce qu’effectivement, cela fait de la télévision québécoise, depuis bien des décennies, un facteur d’identité culturelle absolument incontournable.  Une autre raison, ce sont sans doute les créateurs qui la font, les artistes, d’abord, et les vedettes qui ont su capter l’affection du public à ce point-là , et c’est extraordinaire.

Une autre raison est sans doute vous, les producteurs indépendants, qui avez insufflé un dynamisme énorme à cette industrie-là dans les dernières décennies, et c’est important.  Les diffuseurs, tous les diffuseurs qui ont créé une vraie diversité de l’offre dans le monde de la télé québécoise. Que ce soit les spécialisées, les généralistes, on a créé collectivement une vraie diversité de l’offre.  Et s’il n’y avait pas une diversité de l’offre, peut-être que les Québécois chercheraient de la diversité ailleurs, notamment sur les émissions américaines. 

Finalement, je dirais qu’une des sources aussi de ce succès du modèle québécois réside dans certaines lois et certaines réglementations qui font se côtoyer le public et le privé pour créer encore là une nouvelle diversité de l’offre et qui appuient la production canadienne.  Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, on a un système en santé, qui a une vraie diversité. C’est ce qui fait qu’on a des Radio-Canada et des Télé-Québec d’une part, et qu’on a des privés d’autre part, et qu’ensemble, çela donne une vraie télévision dont on peut être vraiment très fier.

Le problème avec ça, naturellement, c’est que le modèle aujourd’hui est mis à mal un peu et qu’il y a un vrai problème, notamment un problème économique avec le modèle.  Le modèle a l’air un peu d’éclater; on semble parfois penser que le modèle va dérailler. Ce n’est pas tout à fait faux si on ne se fie actuellement qu’à un regard purement économique sur ce modèle-là.

Notamment pour les télévisions généralistes, c’est un modèle qui ne marche plus. Je dis souvent que la plus grosse révolution n’est  pas que les gens s’assoient devant des ordinateurs pour regarder des choses, mais plutôt que leurs attentes ont changé par rapport à ce qu’ils attendent, même de la télévision traditionnelle , et ça, c’est une vraie révolution dans la façon de faire des émissions. 

Alors comment, à Radio-Canada , on va faire face à ces enjeux? Je vais vous donner trois types d’enjeux qui me semblent extrêmement importants.  Le premier, ce sont les enjeux programmes. C’est quoi nos enjeux programmes à Radio-Canada?  Premièrement, devenir un média global, qui est extrêmement important pour nous.

On ne le fait pas pour des raisons économiques, ni pour des raisons technologique.  On le fait d’abord pour des raisons de marque.  Ce que vous voyez actuellement à l’écran, c’est simplement une tarte qui distingue l’environnement télévisuel au Québec dans lequel on joue. 

Si on veut être reconnu , et notamment nous comme diffuseur, si on veut fédérer des auditoires autour de marques, il faut que notre marque soit puissante.  Ce que je veux à long terme, c’est que, lorsque vous recevez une émission de Radio-Canada, que vous la receviez sur un mobile, sur une radio, sur une télé, sur Internet ou n’importe où, vous reconnaissiez la force, la personnalité du service public. Pour moi, c’est fondamental.  Notre convergence de service public est d’abord une convergence de stratégie et de marque, et ça, c’est très important.

En matière de programmes aussi, ce qui est très important pour nous au Québec, c’est de continuer à créer du distinctif, de la télévision distinctive.  La télévision distinctive, je vous rassure, on en fait, parce que, quand on regarde le nombre d’heures d’émissions d’affaires publiques à la télé de Radio-Canada, quand on regarde le nombre de nouvelles variétés, quand on regarde le nombre d’émissions spécialisées, quand on regarde la nature des variétés que nous proposons, nous proposons du distinctif.

J’oserais même dire que la télévision de Radio-Canada est plus distinctive aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été dans son histoire.  Et à preuve, donnez-moi une année au hasard, je vais vous sortir une grille d’heures de grande écoute de 1975, 1980, 1985.  Je vais vous sortir Jinny, Ma sorcière bien-aimée et le Docteur Welby et je vais vous les présenter contre Providence et Sophie Paquin ou contre Tout sur moi, et on se parlera du caractère distinctif de notre télévision publique.

Produire aussi du contenu canadien est très important.  Ce que dit le graphique que vous voyez à l’écran, c’est qu’à Radio-Canada, 86% des émissions que vous voyez sont des émissions canadiennes. Cela veut dire qu’en terme d’auditoire, 89% de l’écoute qui va à Radio-Canada va à des émissions canadiennes.  On a toujours pensé, nous, que 100% n’était pas le chiffre idéal et qu’il faut aussi présenter des émissions qui sont les meilleures de la télé dans le monde. Mais le contenu canadien se retrouve beaucoup à Radio-Canada et on vous prépare là-dessus une saison prometteuse pour l’automne.

On a vu même quelques scoops tantôt sur la prochaine saison. Il y a beaucoup de gens qui pensent qu’on va présenter beaucoup de reprises à l’automne.  Je peux vous dire que vous allez être très surpris de la qualité de notre programmation, parce que l’équipe des programmes a travaillé très fort, notamment avec vous, les producteurs. On prépare une saison extraordinaire pour l’an prochain. 

Donc, première série d’enjeux les enjeux programmes.  Deuxième série d’enjeux, les revenus.  Le modèle des télévisions conventionnelles est à bout de souffle, c’est vrai. Juste pour vous donner un exemple sur le pourquoi : en 1962, savez-vous combien de gens écoutaient L’heure des quilles  « off prime time »  à Radio-Canada? Il y avait 2 600 000 personnes qui écoutaient cette émission : deux caméras, deux allées, deux familles et on vendait de la pub là-dessus.  C’était fabuleux comme modèle de télévision généraliste! Dans ce temps-là, ça allait bien, ça allait très très bien.

Aujourd’hui , 2,6 millions, ça arrive, mais c’est assez rare , et sûrement pas le samedi après-midi.  Si vous voulez comprendre ce qui s’est passé comme essoufflement de modèle, ce n’est pas compliqué, cet exemple-là parle de lui-même.  Je pourrais vous donner les 20 émissions les plus écoutées de l’histoire; elles sont toutes naturellement, en grande partie en tout cas, d’avant 1990 et avant la fragmentation.

On a changé complètement de modèle. A ujourd’hui, on veut prendre une nouvelle approche, notamment avec l’arrivée de Robert Trempe et la création d’une direction principale des Revenus.  On veut vraiment voir nos revenus dans une optique à 360° degrés pour s’assurer qu’on va capter et diversifier l’ensemble des revenus pour soutenir notre modèle économique.

Et là-dessus, puisque je parle à beaucoup de producteurs, je veux vous dire qu’on est un peu lié par une communauté de destin: on réussit ensemble ou on se plante ensemble.  Alors, c’est avec les producteurs qu’on va réussir à bâtir ce modèle-là et il faudra vraiment qu’on trouve des solutions« gagnant-gagnant » pour bâtir des formules de partage des revenus, des formules de partage de droits qui, à l’avenir, vont garder le modèle québécois pour ce qu’il est.  Ultimement, on veut protéger le succès du modèle québécois, c’est très important pour nous, et on va le faire ensemble, ce projet-là.

Troisième série d’enjeux, les enjeux organisationnels, et il y en a plusieurs. On est conscient qu’on doit changer notre organisation et l’adapter à l’environnement dans lequel on s’en va.  Est-ce qu’on est capable de changer? Je vais vous dire une chose : je suis à Radio-Canada depuis 32 ans, depuis la moitié de son histoire (dans le fond ,la Société a 74 ans).  En 74 ans, on en a passé des crises et on s’est toujours adapté. Je vais vous le dire, on va s’adapter aux nouvelles crises, on va être capable d’adapter notre organisation pour faire face à la crise actuelle.

Pour sauvegarder le modèle québécois et la place de la télévision publique dans ce modèle, pour nous il y a quatre conditions gagnantes qui sont extrêmement importantes.  Première condition, la redevance.  Tout le monde n’est pas d’accord, mais moi, je pense que les télévisions généralistes qui fabriquent les grands téléjournaux, qui tiennent des stations régionales, qui fabriquent des grandes dramatiques, des séries lourdes, etc., doivent avoir accès à la redevance.  Ça n’a pas de sens, le système actuel, et ça n’a pas de sens qu’on n’ait pas accès à la redevance.  À ceux qui répondent qu’on n’a pas fait la preuve que les télévisions généralistes vont mal, je vais suggérer un truc : lisez les journaux, seulement les journaux. Informez-vous et lisez les journaux pendant une semaine ou deux, puis venez me dire que vous n’avez pas la preuve que ça ne va pas bien dans l’univers des télés généralistes.

Deuxième condition gagnante, le Fonds des médias du Canada, qui est une évolution du Fonds canadien de télévision.  Le Fonds des médias du Canada est une très bonne initiative, mais pour nous, il est très important que les règles de directions du Fonds favorisent la diversité.  On ne peut pas favoriser seulement le succès des émissions, parce que ça ne créera pas de la diversité.  Si on veut tous créer des émissions populaires, on va finir par tous créer la même émission.  Il faut favoriser la diversité de l’offre. C’est très important pour nous, et les règles de direction du Fonds des médias du Canada devront le faire.

Autre condition gagnante, le Fonds régional de production (Fonds d’amélioration de la programmation locale du CRTC). On parle peu des productions régionales, mais elles sont très importantes. Ce fonds est une très belle initiative que le CRTC a mis en place, mais encore faut-il que l’argent qui va être investi aille à fabriquer et à concevoir des programmes pour les auditoires régionaux, pas à construire des immeubles et à faire du marketing ou à construire des émetteurs.  Il faut que ça aille à construire des émissions dans lesquelles les gens vont se voir, parce que c’est de cela que les régions ont besoin, et c’est extrêmement important.

Finalement, on a souvent dit à Radio-Canada que le financement pluriannuel nous donnerait, comme organisation, plus de prévisibilité dans notre façon de gérer. Il est important qu’on développe un contrat avec les Canadiens, qu’on puisse avoir un jour un financement pluriannuel pour gérer notre organisation.

Si ces quatre conditions gagnantes sont remplies, le service public va continuer de jouer son rôle au XXIe siècle, et je suis convaincu que pour la protection des identités culturelles ou de la démocratie, le rôle qu’on a à jouer au XXIe siècle est plus important qu’il ne l’aura jamais été au XXe siècle.  Mais pour que ce modèle québécois qui est fondé sur cet équilibre entre le privé et le public continue, il faut qu’on arrive à ces conditions gagnantes et j’espère que vous allez appuyer le service public là-dedans. Si on réussit cela et qu’on maintient le modèle québécois, Richard Stursberg va continuer d’être jaloux de moi et on en sera tous très heureux.  Richard.

Richard Stursberg

Merci beaucoup Sylvain.  Merci à l’Académie. C’est un grand plaisir de me trouver ici à Montréal avec beaucoup d’amis de longue dates des amis de Téléfilm Canada, des amis de l’APFTQ, les membres de l’Académie, Mitsou qui a fait un show pour nous sur Newsworld, un show bien intéressant qui explorait la culture québécoise pour les anglophones.  Alors, moi, je vais parler un peu du marché anglais. C’est un point de départ pour une autre stratégie totalement différente du marché québécois.  Et ici, on va mettre la première diapo.

Voici le problème, c’est aussi simple que cela!  C’est-à-dire, toutes les émissions les plus populaires au Canada anglais sont des émissions d’un pays étranger.  C’est bizarre.  Mais si on considère d’autres industries culturelles au Canada anglais, les problèmes ne sont pas les mêmes.  C’est-à-dire, les Canadiens-anglais lisent presque exclusivement les journaux canadiens, les magazines canadiens et ils aiment la musique canadienne.

La télé reste le secteur culturel le plus dominé par les produits étrangers, et c’est un problème historique depuis des décennies. Le CRTC et le gouvernement fédéral ont développé des outils pour essayer de régler le problème.  Vous connaissez aussi bien que moi tous les outils, les règles du contenu canadien. Le Fonds canadien de la télévision, devenu maintenant le Fonds des médias du Canada (ils ont changé le nom), les crédits d’impôts, etc., mais sans succès dans le marché anglophone.

Le problème continue, et c’est fascinant de noter que c’est un problème qui existe presque exclusivement au Canada anglais, parmi les pays industrialisés.  Les Allemands, les Français, les Italiens, les Américains, les Québécois même, n’importe qui, préfèrent leurs propres programmes télévisuels, sauf au Canada anglais.

Parce que la CBC est la plus grande institution culturelle du Canada anglais, nous croyons que c’est notre responsabilité de s’adresser au plus grand problème culturel du Canada anglais.  C’est pour ces raisons que notre priorité numéro un est de développer et de produire avec les producteurs indépendants des shows distinctivement canadiens, qui vont attirer les Canadiens anglais.

Nous mesurons notre succès par les grandeurs de nos audiences, dans les heures de grande écoute. Si on passe maintenant à la deuxième diapo, pendant les quatre années passées, nous avons changé notre stratégie de grille d’une façon radicale. Nous avons décidé de mettre l’emphase sur le développement des séries distinctivement canadiennes. Nous avons abandonné la stratégie précédente qui était basée sur les mini séries, et même les MOW (movie of the week). Nous avons décidé de développer des émissions à l’intérieur des conventions de la télévision nord-américaine et de ne pas utiliser les modèles européens.

Nous avons en même temps établi et créé une direction, un groupe pour la production, pour ce que nous appelons le « factual entertainment ».  C’est-à-dire, les « reality shows », les « games shows, » etc.  Pour des raisons qui m’échappent, la CBC a décidé dans le passé de ne jamais faire des « reality shows ». Pourquoi? Je n’en ai aucune idée parce qu’effectivement, la vague la plus importante, probablement, dans l’histoire des derniers 20 ans à la télévision a été le développement de « reality shows ». Mais pour des raisons que j’ignore, CBC a décidé que non,  ça ne l’intéressait pas.

Mais avec ce changement, nous avons eu un certain succès. Vous voyez, là, ce sont les 20 émissions canadiennes les plus populaires, et comme vous voyez, 14 de ces émissions sont de CBC, mais probablement plus intéressant, ce sont les parts de marché que nous prenons à ce moment-ci.

Quand nous avons commencé le développement de notre grille et à changer notre stratégie, la CBC avait 6,7 % du marché dans les heures de grande écoute. Cette saison, nous avons pris 8,7 % du marché et nous avons, pour la première fois dans l’histoire du Canada anglais et ça, c’est quelque chose de spectaculaire capté plus de téléspectateurs avec notre grille canadienne que Global avec sa grille totalement américaine.  Et avec ça, nous allons prouver une chose bien intéressante, c’est-à-dire qu’il est possible, effectivement, de réaliser des shows qui vont attirer les Canadiens anglais.  On passe maintenant à la troisième diapo.

Il y a une chose à noter qui est bien importante en ce qui concerne la stratégie pour le Canada anglais sur le plan culturel.  C’est-à-dire que, si on regarde sur la diapo, on voit qu’effectivement, le plus grand problème culturel du Canada anglais ne sera jamais réglé par les privés.  Les grilles sont dominées et vont continuer d’être dominées par les émissions américaines.

C’est fondamental à leur stratégie économique, c’est leur business effectivement, de mettre des émissions américaines, dans leur grille, dans les heures de grande écoute, en utilisant leurs substitutions simultanées pour réaliser ces revenus.  Ça, c’est le business de City, de Global, de CTV. Il n’y a pas de place dans les heures de grande écoute pour les émissions canadiennes.  Et c’est impossible de changer cette réalité, pour des raisons qui sont au cÅ“ur de ces stratégies et qui sont des réalités économiques.  Lorsque la crise économique, dont Sylvain a parlé, a commencé au Canada anglais en même temps qu’ici au Canada français, la première chose que le privé a demandée, c’est effectivement de réduire le contenu canadien et c’est uniquement la CBC qui s’intéresse au contenu canadien dans le Canada anglais.  Et c’est clair que c’est uniquement CBC qui est capable de régler et qui veut régler le défi du contenu canadien.

Et pour ces raisons, comme Sylvain a dit, juste au début, nos problèmes sont différents.  Les marchés sont différents.  Mais les conditions gagnantes pour Radio-Canada et même aussi pour CBC, sont les mêmes.  Et Sylvain a cité quatre conditions gagnantes, qui doivent être réalisées et respectées.  D’abord et avant tout, on doit continuer d’avoir accès au Fonds canadien de télévision – maintenant le Fonds des médias du Canada, c’est fondamental pour CBC autant que pour Radio-Canada.

Deuxièmement, le Fonds régional. Lorsque la crise économique a commencé au Canada anglais, la deuxième chose qu’ils (les diffuseurs privés) ont décidé de faire, c’est de se retirer de leurs responsabilités régionales.  Pour nous, c’est absolument fondamental à notre stratégie d’être ancrés dans les régions.

Troisièmement, si le CRTC décide que les redevances sont nécessaires et que les câblos doivent nous payer pour nos émissions, à ce moment-là, nous devons nous aussi avoir accès à cette source de financement, avec exactement les mêmes conditions que les privés.

Et finalement, comme Sylvain a dit, c’est bien important d, avoir du financement pluriannuel.  Nous avons proposé, il y a quelques années maintenant, que le gouvernement canadien établisse un contrat avec la CBC, ce que nous avons appelé un contrat avec les Canadiens.  Et dans ce contrat-là, on va dire : « Voici ce que nous allons faire » , et le gouvernement va dire « OK, voici le financement nécessaire pour le faire ».  Et ça va être un contrat entre le gouvernement et CBC. C’est exactement la même stratégie que la BBC et, pour eux, c’était un contrat de dix ans.

Pour terminer, je trouve ironique, et franchement un peu triste, la préoccupation que nous avons maintenant au Canada anglais, avec la santé financière des privés qui ne contribuent presque rien sur le plan culturel.  Et le fait que presque personne n’est préoccupé de la même façon avec l’affaiblissement de CBC.  Je sais très bien, et c’est pour cette raison que c’est toujours un plaisir de me trouver ici à Montréal, qu’on peut avoir une conversation en ce qui concerne l’importance de la culture ici au Québec, qu’il est presque impossible de poursuivre au Canada anglais et pour ces raisons, je vous remercie beaucoup.

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