5 juin 2007 – Ottawa
Discours d’Alain Saulnier, Directeur général de l’information à Radio-Canada, devant le Comité du patrimoine canadien à Ottawa
Mesdames et Messieurs les députés,
Je suis très heureux d’être ici aujourd’hui pour vous parler de l’information à Radio-Canada. Il y a un an jour pour jour, Sylvain Lafrance, le vice-président principal des Services français, annonçait l’intégration de tous les services de l’information de Radio-Canada au sein d’une même structure et me confiait le mandat de diriger cette nouvelle direction générale de l’information.
L’objectif premier de cette décision : rendre encore plus cohérentes nos actions face aux enjeux du XXIe siècle. En fait, il s’agit de renforcer le diffuseur public afin qu’il demeure une référence pour le citoyen en quête de repères, un citoyen qui cherche à mieux comprendre le monde dans lequel il vit.
Radio-Canada dispose déjà de nombreux atouts qui lui permettent de jouer pleinement son rôle comme diffuseur public. D’abord, permettez-moi de vous rappeler que Radio-Canada est le seul média francophone au pays à offrir une aussi vaste couverture journalistique.
Combien de médias francophones, pensez-vous, comptent des journalistes à Toronto, Vancouver, Moncton, Calgary ? Poser la question, c’est y répondre. Tous médias confondus, nous disposons du plus important contingent journalistique francophone au pays.
Nous sommes aussi le seul média qui présente et analyse l’actualité internationale. Avec nos onze correspondants à l’étranger et quelques centaines de collaborateurs sur les cinq continents, notre présence internationale est plus importante que celle de n’importe quel autre média francophone au pays.
Si nous n’étions pas là , les francophones devraient s’en remettre de plus en plus aux médias anglophones et aux agences internationales pour comprendre ce qui se passe sur la scène internationale.
Aucun autre média, écrit, radio, télé ou web n’offre autant de contenus que Radio-Canada sur le monde et sur notre monde d’ici. Contrairement à d’autres, notre territoire à nous n’est pas limité.
Présente sur l’ensemble du territoire canadien et partout sur la planète, Radio-Canada est dans une position unique de pouvoir expliquer aux Canadiens ce qui se passe dans leur région, dans leur pays et dans le monde.
Pour l’automne, nous avons mis de l’avant une stratégie afin d’assurer un meilleur reflet des régions sur nos réseaux nationaux. En information, par exemple, cela se traduit entre autres par une présence plus forte à Toronto et par l’ajout d’éditions régionales du Téléjournal en Atlantique les samedi et dimanche.
Il y a un an environ, nous amorcions la transformation du RDI en véritable chaîne d’information continue. Dans un environnement de plus en plus compétitif mais dans l’esprit du mandat unique du RDI, nous souhaitions à la fois renforcer notre présence régionale et développer une approche plus fluide, avec une plus grande cohérence éditoriale.
Le décloisonnement de nos émissions entre 6 et 18h du lundi au vendredi nous permet de mieux couvrir l’actualité de partout au pays, en direct, peu importe l’heure et le lieu.
Bien sûr, nous sommes critiqués et nous en prenons acte. Nous devons constamment rechercher le meilleur équilibre pour les contenus d’information sur l’ensemble de nos réseaux.
Mais demandons-nous ce qui se passerait si nous n’étions pas présents et accessibles au plus grand nombre de téléspectateurs partout au pays ? Une chaîne privée d’information continue serait-elle la solution ? Qu’est-ce que les francophones auraient à écouter ? Des nouvelles de Toronto, Moncton, Vancouver, Calgary ? Des informations internationales produites par des correspondants canadiens qui se déplacent à l’étranger ? Oubliez ça ! Ce que nous offrons est unique.
Face aux plaintes, nous agissons en toute transparence. Nous répondons publiquement et, le cas échéant, nous reconnaissons nos erreurs et apportons les correctifs nécessaires.
D’ailleurs, il est désormais possible de consulter plaintes et réponses sur le site web de Radio-Canada. Il en est de même pour les rapports de l’ombudsman.
En regroupant les services de la radio, de la télévision et du web sous une même direction, nous avons voulu marquer nettement que le mandat de Radio-Canada doit constituer un instrument de démocratie et de culture.
C’est cette force combinée qui nous a permis d’être présents pendant douze semaines consécutives en Afghanistan avec des journalistes chevronnés comme Céline Galipeau, Alexandra Szacka et Frédéric Nicoloff. D’ailleurs, je suis heureux de vous annoncer que nous y retournerons à l’automne prochain.
À la radio, nous sommes les seuls à offrir des contenus journalistiques d’une aussi grande qualité à toute heure du jour. Et ces contenus sont appréciés du public puisque nos radiojournaux, par exemple, ont atteint des records d’écoute selon les derniers résultats BBM de l’hiver 2007.
Aussi, quelle autre Télévision que celle de Radio-Canada compte dix émissions d’affaires publiques dans sa grille, dont six diffusées en heures de grande écoute ? Ne cherchez pas ! Les affaires publiques dans les réseaux privés, ça n’existe pas !
Nulle part ailleurs qu’à Radio-Canada, vous ne trouverez des émissions comme La facture, un magazine qui se consacre aux problèmes concrets qui touchent les gens et qui rejoint en moyenne plus de 705 000 téléspectateurs chaque semaine.
Ou encore, L’épicerie, un magazine axé sur l’alimentation, qui rejoint chaque semaine une moyenne de 658 000 téléspectateurs.
Découverte, un des seuls magazines scientifiques à la télévision francophone, rejoint une moyenne de 600 000 téléspectateurs les dimanche soirs et a même régulièrement frôlé le million de téléspectateurs ces dernières semaines.
Cet automne, parce que nous pouvons profiter de l’expertise de tous nos artisans radio, télé et web, nous serons le seul réseau de télévision à offrir un magazine hebdomadaire d’information internationale à heure de grande écoute.
Il s’agit d’une toute nouvelle émission avec un public en studio où des invités de marque et des reportages uniques nous permettront de mieux comprendre le monde qui est aussi notre monde, votre monde !
Nous offrons aux Canadiens une programmation de qualité, comme en témoignent d’ailleurs les nombreux prix nationaux et internationaux qui ont été décernés à nos émissions l’an dernier.
Découverte, par exemple, a remporté pas moins de quatre prix, dont le Gémeaux de la meilleure émission d’affaires publiques et le Grand prix du Festival de télévision scientifique d’Athènes.
L’émission Dimanche magazine, diffusée à la Première Chaîne radio, a également remporté, en 2006, un prestigieux Peabody Award pour un reportage sur les changements climatiques. Enfin, la série 109 produite à Toronto et diffusée à RDI, a reçu un ruban d’or lors du dernier congrès de l’Association canadienne des radiodiffuseurs.
Dans le futur pour Radio-Canada, créer un espace public plus fort que jamais est primordial.
Car face à la multitude de chaînes et à la quantité phénoménale de sources d’information, nous devons créer un « îlot de confiance » où le citoyen saura que l’information qui vient du diffuseur public est fiable et crédible.
Pour enrichir la vie démocratique et culturelle des citoyens et poursuivre sa mission de diffuseur public, Radio-Canada doit maintenir sa capacité de favoriser la cohésion sociale et de refléter une véritable diversité.
