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Dans les coulisses

Bande à part s’éclate et voit dix chandelles

18 janvier 2011 -  Dès aujourd’hui, les festivités commencent pour Bande à part qui atteint ses dix ans d’existence. BAP, c’est dix ans de musique émergente, mais c’est aussi le reflet d’une génération. iO! a conversé avec Yuani Fragata, réalisateur coordonnateur de BAP depuis trois ans, qui incarne très bien cet esprit.

Un retour en arrière

Bande à part, on en convient, est un concept très original. Qui a eu le premier l’idée de créer Bande à part? Yuani Fragata raconte : « C’est Léo Thériault, réalisateur radio à Moncton, qui a été le premier à imaginer BAP comme un refuge pour les musiques trop marginales pour Radio-Canada au sens large. La première concrétisation du projet est une émission radio à la Première Chaîne qui débute en 1996, avec Pierre Landry à l’animation et Léo à la réalisation. »

Pour sa part, Yuani arrive à BAP en 2007. « Je travaillais à Brave New Waves à CBC Radio 2, la meilleure émission de musique underground que le monde ait connue, affirme-t-il. Puis Hugues Sweeney  qui dirigeait BAP à l’époque m’a offert un poste de journaliste : 50 % reporter bilingue pour Radio 3 à Vancouver, posté à Montréal, et 50 % pour BAP. »

Bande à part : une île

BAP, c’est véritablement un monde à part à Radio-Canada. Il suffit d’aller dans leurs bureaux pour s’en convaincre. On y est… ailleurs.

«  Nous avons beaucoup de jeunes collaborateurs, explique Yuani, et c’est capital de leur faire de la place. BAP, c’est une expérience unique. C’est une île et sur cette île, tout le monde a appris à s’entraider, mais a aussi à être autonome et fonctionnel par soi-même. »

La « direction » fait énormément confiance aux membres de l’équipe et à leur jugement. BAP tient d’ailleurs une grande réunion de brainstorm tous les deux ans. « Beaucoup d’idées sont mises sur la table. Nous puisons là-dedans pour donner une direction à BAP. Nous avons une équipe très créative, très imaginative, très motivée. La liberté qu’elle a, la stimule. »

Nouvelle orientation ; la culture d’une génération

Cette année, on remarque à Bande à part un élargissement du mandat qui était essentiellement tourné vers la musique émergente. Pourquoi? « Nous voulions nous adresser plus largement au 18-34 ans auxquels on ne s’adresse pas beaucoup à Radio-Canada. Nous voulions donc aborder leur culture, musique, film, livres, sans les préjugés qui accompagnent souvent le traitement qu’on en fait. Avec un ton et une manière plus proche de celui de notre génération. »

L’avenir de Bande à part? « On continue à couvrir la scène émergente du mieux que nous pouvons, à donner une plateforme à des artistes qui n’en aurait pas ailleurs. C’est un plaisir en tant que fan de musique. Tout le monde ici est maniaque de musique. Un des trucs que j’aime de mon travail, c’est d’être dans un environnement où les collègues me font constamment découvrir de la musique. L’ancien slogan Obsédés musicaux, c’est vraiment nous! »

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