30 novembre 2010 – Après la quadruple victoire des journalistes de Radio-Canada lors de la remise des prix Judith-Jasmin, dont le Grand Prix décerné à l’équipe d’Enquête pour Collusion frontale, iO! s’est entretenu avec le directeur général de l’Information, Alain Saulnier.
À Radio-Canada, le mode de travail des journalistes voués à l’enquête a beaucoup changé dans les dernières années. Alain Saulnier avait annoncé, lorsqu’il a pris la barre du service de l’Information il y a quatre ans, qu’il mettrait l’accent sur deux grands axes : l’information internationale et l’enquête journalistique. Les émissions Enquête et Une heure sur Terre ont alors été créées et par la suite le Module Enquête du service de l’information a été constitué.
« J’ai aussi voulu décloisonner les affaires publiques et les nouvelles, explique M. Saulnier. Autrefois certains journalistes faisaient des affaires publiques, et même s’il leur arrivait de dévoiler de la nouvelle, ça ne débloquait pas au Téléjournal ou au Radiojournal. Et vice versa. Maintenant, il y a une plus grande mobilité entre les secteurs et les plateformes. »
L’enquête journalistique a pris une place importante. L’émission Enquête est en ondes durant la saison automne-hiver, mais il se fait de l’enquête toute l’année à Radio-Canada grâce à l’existence du Module Enquête. Ce module compte 14 journalistes et 3 journalistes à la recherche provenant de la radio, de la télévision ou encore plus précisément du Téléjournal.
« Les journalistes d’enquête ont travaillé très fort, particulièrement dans la dernière année, soutient M. Saulnier. Avec les résultats que l’on connaît. Jamais autant de gens ne demanderaient de commissions d’enquête sur la construction ou sur le monde municipal, s’il n’y avait pas eu de journalisme d’enquête à Radio-Canada. Nous bousculons les choses, c’est certain. Mais attention, nous ne sommes pas des justiciers. Nous nous appuyons sur des faits et les journalistes valident rigoureusement chacune des informations avec l’appui constant de la direction. »
M. Saulnier fait également état de la reconnaissance des pairs lors du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, le week-end dernier. « La notoriété de Radio-Canada en matière d’enquête est à un niveau très élevé. Si vous aviez vu le nombre de collègues de grands talents qui sont venus nous féliciter pour notre travail d’enquête. »
Pour Alain Saulnier, les radio-canadiens peuvent être très fiers de leurs collègues du Module Enquête : « Ils font un travail très exigeant et parfois même dangereux. Mais nous vivons véritablement une grande période dans le domaine de l’enquête journalistique à Radio-Canada », conclut M. Saulnier.
