Des nouvelles de Radio-Canada

La mutation de l'information

Pierre Tourangeau présente les modules de l’Information

28 mars 2011 – À l’occasion de la prise de possession de leurs nouveaux locaux par les membres des modules Culture et International, Josée Plourde, rédactrice aux Communications des Services français a rencontré Pierre Tourangeau, premier directeur, Contenus, Nouvelles et actualités, pour faire un retour sur les cinq modules de l’Information. 

Suite aux chantiers de l’Information lancés en juin 2009, a été créé le CAPE (Centre intégré d’affectation et d’expertise) qui réunit toutes les ressources journalistiques. Sous la responsabilité de Pierre Tourangeau, le CAPE s’occupe de fournir la nouvelle à toutes les plateformes et de gérel’ensemble des ressources journalistiques sur le terrain, à l’étranger, dans lesparlements, à Montréal et dans le reste du pays. 

« En parallèle, explique Pierre Tourangeau, nous avons créé cinq modules : Économie, Enquête, Sciences, Culture et International, ce qui permet de faire des échanges constants de ressources entre les différentes plateformes et d’offrir des contenus différents sur un même sujet. Nous nourrissons nos émissions avec une richesse de contenus que nous ne pouvions pas avoir avant. Tout ceci repose sur notre désir accroître la multidisciplinarité des gens. On ne veut pas leur faire faire tout en même temps, mais on veut qu’ils soient en mesure de tout faire. II arrive qu’il y ait des couvertures bi média, mais nous n’exigeons pas qu’ils en fassent autant. » 

L’origine des modules – Module International  

Pierre Tourangeau : « Il y a quelques années, avec l’émission Une heure sur Terre, nous avons commencé à penser regrouper nos effectifs autour d’un même thème. La création d’Une heure sur Terre, avec les coûts que ça impliquait, nous obligeait à questionner nos façons de fonctionner. Nous ne voulions pas multiplier les coûts et les ressources. 

Nous avons donc joint à Une heure sur Terre quelques équipes de reportages comportant Gilles Gougeon, Raymond Saint-Pierre, Luc Chartrand et Chantal Lavigne. Nous avons aussi fait travailler sur Une heure sur Terre nos reporters correspondants à l’étranger qui servaient les Nouvelles. Lorsqu’une équipe partait à l’étranger, nous voulions qu’elle serve Une heure sur Terre, les Nouvelles et peut-être le Téléjournal. 

Ceci nous a permis d’utiliser les budgets des trois secteurs, de mettre tout le monde à contribution et de donner une portée plus grande à notre couverture internationale.C’est ce qui nous a donné l’idée de créer des modules. » 

 Naissance du module Économie
Pierre Tourangeau : « Le premier module créé, il y a un an et demi, a été le module Économie. On a regroupé les journalistes radio, télé, RDI et web qui travaillaient en économie, avec un affectateur unique. Ils servent à la fois une émission quotidienne en radio, Classe économique, une émission quotidienne télé, RDI Économie et les Nouvelles radio et télé. Résultats : chaque journaliste est porteur de son expertise et il peut maintenant venir s’asseoir aux côtés de l’animateur dans une émission et livrer cette expertise sur un sujet donné. Ou un journaliste qui revient d’un reportage à l’étranger peut le faire pour les Nouvelles, le TJ et va aller à Désautels. » 

Le module Culture : Une grande synergie  

Pierre Tourangeau : « Le module Culture sert maintenant la radio, la télé, fournit les capsules pour RDI, le Coup d’oeil du Téléjournal de 22h, des clips sur ARTV, beaucoup de couvertures culturelles pour le Téléjournal de 18 h. Le module compte une affectatrice, une réalisatrice, trois reporters, dont deux télé et une radio. 

Ils produisent beaucoup. Ils doivent livrer pour le TJ de 18 h en avance selon les événements. Le soir, ils courent couvrir les événements et préparent des reportages pour le TJ de fin de soirée et pour les émissions du lendemain. L’impact de les avoir rassemblés? Notable.   

Nous avons réuni radio et télé, des gens qui fonctionnaient en silo. Nous voyons maintenant une grande synergie, l’information circule, on ne se dédouble pas, on s’aide, si on a deux reporters sur le même sujet, on va se diviser le travail, soit au niveau de la recherche ou de la captation. Quand un sujet est plus important pour la radio que pour la télé, il arrive qu’on demande au reporter radio de partir avec le caméraman et de le guider pour les images. On travaille les images pour la télé en ajoutant des plans de coupe. 

Module Sciences : Projeter notre expertise
Pierre Tourangeau : « Chaque module ne répond pas aux mêmes besoins. Nous avons un module Sciences qui est beaucoup mis à contribution ces temps-ci : on voit Jean-Pierre Rogel, Yanick Villedieu. Nous avons deux émissions de sciences Découvertes et Les années lumière. Ces gens travaillaient chacun de leur côté et aux Nouvelles, on ne les voyait jamais.

Nous les avons déménagés ensemble au 2e étage de la tour à Montréal. Ils assurent une veille scientifique chaque semaine, ce qui dans l’actualité scientifique pourrait nous intéresser en terme de nouvelles. Michel Rochon, qui est au CDI, fait partie du module et traite ces nouvelles pour nous. Une coordination se fait par la rédactrice en chef de Découverte qui coordonne les activités du module Sciences et nous sert de répondant. 

L’autre très grand avantage : quand il arrive des catastrophes, RDI se tourne vers le module et demande un expert sur le sujet. Et ce journaliste expert, se trouve sur le plateau, ou alors nous utilisons leurs contacts dans le milieu scientifique pour trouver un expert sur le sujet. 

Ça permet aux Nouvelles de projeter l’expertise de journalistes chevronnés comme Yanick Villedieu, Jean-Pierre Rogel ou Charles Tisseyre. » 

Module Enquête : L’avantage de travailler ensemble  

Pierre Tourangeau : « Nous avions l’émission Enquête. Quand je suis entré en poste en 2007, j’ai créé un petit module enquête avec trois journalistes à la télé. Quand l’Intégration est arrivée, d’autres journalistes voulaient faire de l’enquête. On a réuni ces six journalistes et on les a mis avec les membres de l’équipe de l’émission Enquête. Ils ont très vite compris l’avantage qu’il y avait à travailler ensemble. 

C’est le pari que nous avions fait de récupérer nos têtes blanches et notre expertise pour donner de la profondeur aux nouvelles. Ceci nous permet de former nos jeunes journalistes, il y a de l’émulation, ils travaillent avec des gens d’expérience, ils sont encadrés et pris en charge. » 

Maintenant que les modules sont en place, que reste-t-il à faire?  

Pierre Tourangeau : « Nous allons intégrer dans le module International les gens qui font beaucoup d’international, mais qui ne font pas que ça et qui sont attachés à une émission, Dimanche magazine ou Désautels, par exemple. On donne déjà l’exemple d’Akli Aït Abdallah qui travaille pour Dimanche magazine et qu’on utilise souvent comme envoyé spécial. Même chose pour Frédéric Nicoloff. Ils ne sont pas physiquement dans le module, mais psychologiquement, c’est fait. 

« Pour le module Sciences, on va pousser un peu plus loin, mais ça va se faire au fur et à mesure que les événements vont nous l’imposer. Essentiellement, ce sont deux émissions d’affaires publiques, avec des personnalités très fortes. Découvertes et Les années lumière. Quand ils sortent des choses intéressantes, des exclusivités, nous les amenons sur les plateaux et ils nous en parlent. Ou ils jouent un rôle plus actif, comme l’automne dernier, quand l’affaire des gaz de schiste a éclaté au Québec, Découverte travaillait sur un immense reportage sur le sujet. On a accéléré le processus de reportage que Jean-Pierre Rogel avait déjà entamé et ça nous a permis d’être sur le sujet avant les autres médias, parce que nous avions ces reportages. » 

En conclusion : Du nouveau, même pour les journalistes aguerris  

Pierre Tourangeau : « Les Nouvelles profitent beaucoup de l’expertise que nous sommes allés rechercher. Les modules ont été un brassage d’idées très salutaire pour tout le monde. 

Cela a approfondi la pratique et ouvert des horizons à tout le monde. Même pour les journalistes aguerris, il y a quelque chose de nouveau, cette fenêtre ouverte sur les Nouvelles. Nous allons les chercher. Ils ont plus d’exposition média. Quand tu vois Yanick Villedieu aux côtés de Céline Galipeau pour expliquer quelque chose, tout le monde est gagnant. Nous avons beaucoup d’expertise à Radio-Canada. 

La semaine verte, La facture et Second regard ne font pas partie d’un module. Mais quand il se passe quelque chose à Rome, ça ne nous empêche pas de sortir Alain Crevier de son émission et de l’amener aux Nouvelles pour nous parler du sujet. 

C’est très enthousiasmant, je pense sincèrement que nous avons réussi à créer quelque chose qui est en train de faire sa marque à Radio-Canada comme LA façon de travailler. »

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