19 mai 2011 – Plus de 40 délégués de l’Organization of News Ombudsmen (ONO) se sont réunis à Montréal du 15 mai au 18 mai et ils ont examiné les nombreux enjeux auxquels doivent faire face les représentants du public des médias à travers les Amériques et l’Europe.
La conférence annuelle des ombudsman de presse a abordé la question des pratiques journalistiques et a fait ressortir les principaux défis que doivent relever les représentants du public dans l’application les normes et pratiques journalistiques.
Radio-Canada et CBC étaient les hôtes de la conférence qui s’est tenue à la Maison de Radio-Canada. Parmi ceux qui ont pris la parole notons : le vice-président principal des Services français, Sylvain Lafrance, le directeur général de l’Information, Alain Saulnier, et la grande responsable des normes journalistique au service de l’Information de CBC, Esther Enkin. Les deux ombudsmans de CBC et de Radio-Canada, Kirk LaPointe et Julie Miville-Déchêne, ont animé les groupes de discussions sur les Wikileaks et l’influence des médias sociaux sur le journalisme.
La conférence a fait ressortir les grands défis associés à l’adhésion à des normes journalistiques élevées à l’ère des médias numériques. En tant que représentants du public, les ombudsmans s’assurent que les pressions liées à la rapidité du journalisme et à la multiplicité des plateformes ne nuisent pas à la qualité du contenu. Ils évaluent si les reportages sont équitables, équilibrés, exacts, impartiaux.
Voici quelques-uns des sujets abordés dans le cadre de cette conférence :
- En cette ère de multiplicité des sources d’information, des normes journalistiques élevées s’avèrent plus importantes que jamais.
- Les ombudsmans sont perçus par le public comme la « boussole morale » de leur organisation.
- La formation est essentielle : les efforts déployés par CBC/Radio-Canada pour intéresser ses employés aux Normes et pratiques journalistiques sont notables.
- La question de l’indépendance des ombudsmans demeure problématique dans plusieurs organes de presse.
Le sénateur Hugh Segal et Craig Silverman, l’auteur du livre intitulé « Regret the error » ont insisté sur le fait que les médias se devaient d’être impartiaux et responsables, ce qui veut notamment dire qu’ils doivent admettre et corriger les erreurs, en toute transparence.
Il y a aussi eu certains messages propres aux radiodiffuseurs publics. Des porte-parole de médias nord-américains et européens ont en effet souligné la responsabilité spéciale associée au service public : soit le dialogue, la transparence et la reddition de comptes.
Comme l’a indiqué un ombudsman de la Suède : « Vous [les ombudsmans] ne pouvez pas être le représentant de l’entreprise. Le public doit sentir que vous êtes de son côté. »
Le congrès a aussi abordé les défis que doivent affronter les ombudsmans en ce qui a trait aux répercussions de WikiLeaks et d’autres partenariats journalistiques. Les délégués se sont penchés sur les problèmes découlant de la nécessité d’établir un juste équilibre entre les exigences liées à la personnalité et à l’impartialité des médias sociaux. Ils ont aussi examiné les cultures propres aux salles de nouvelles partout dans le monde et l’accueil que réservent ces salles de nouvelles aux enquêtes et aux recommandations des ombudsmans.
Julie Miville-Dechêne, l’ombudsman de Radio-Canada, croit que ces discussions très concrètes ont permis aux ombudsmans d’entendre d’autres façons de faire et d’améliorer leur pratique : « Les ombusmans de presse sont isolés les uns des autres, ces conférences permettent de mettre leurs différentes expertises en commun. »
Kirk LaPointe, l’ombudsman de CBC, a quant à lui affirmé que le congrès « a permis de dégager une nouvelle compréhension de l’orientation du journalisme et des rôles des représentants du public lorsqu’ils s’efforcent d’appliquer des normes journalistiques élevées. »
Liens pertinents : pour en savoir plus
> Site de l’Organization of News Ombudsmen (en anglais seulement)
> Blogue de Julie Miville-DechêneÂ
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